Artiste pluridisciplinaire, Géraldine Perrier-Doron commence sa carrière en fabriquant des meubles, des objets et des sculptures réalisées à partir de matériaux de récupération. Elle utilise la matière brute et crée des personnages déglingués, faits de ferraille et de béton aux corps meurtris et abîmés, « seuls… figés… pas forcément tristes, pas forcément heureux ».

En parallèle, elle dessine des petits personnages ; êtres forts et fragiles à la fois, balafrés, qui paraissent aussi bien inquiétants qu’insouciants. Sur fond de cahiers d’écoliers et de manuels scolaires, ses bonshommes maltraités par la vie, empreints de nostalgie, souvent mis en scène dans des décors aux couleurs délavées, parviennent à être attachants comme les doudous usés à la corde des jeunes enfants.

De dessins en sculptures, Géraldine Perrier-Doron développe un univers ambivalent, à la fois sombre et enfantin où tout semble s’opposer pour mieux se compléter : la force des matériaux et la fragilité des personnages, l’insouciance et la brutalité, la pureté et la cruauté.

Les meubles fabriqués par Géraldine Perrier-Doron ressemblent au reste de ses créations. Le meuble n’est plus seulement fonction ; le béton devient matière à expression. Utilisé au-delà de ses a priori, ce matériau lourd et ordinaire devient capable de douceur, de poésie, se coule et s’empreinte comme la reproduction exacte de son imagination. Fabriquée à la main, chaque pièce possède un caractère unique inhérent à la matière et à la technique, avec sa propre texture, ses propres nuances, sa propre singularité.

Son travail artistique, Géraldine Perrier-Doron a du mal à le définir. « Il n’a pas forcément de but ni de signification ». Cependant, quel que soit le support, on perçoit chez l’artiste une attirance non feinte pour les accidents, les irrégularités, les aspérités, et un goût pour les lignes épurées et la matière brute. Brut comme cet Art pour lequel elle avoue une certaine fascination.